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  • Le look 1900 en quatre pièces : chemisier blanc à col de dentelle, jupe longue bordeaux, broche ancienne et collier de perles
  • Comment s'habillaient les femmes en 1900 ? La silhouette de la Belle Époque


    Comment s'habillaient les femmes en 1900 ? La réponse tient dans une silhouette que l'on reconnaît au premier regard : une taille serrée, un buste porté en avant et une jupe longue qui balaie le sol. Voici comment se construisait la tenue de la Belle Époque, pièce par pièce, et comment la retrouver aujourd'hui avec des vêtements d'inspiration rétro, pour un look chic.

    Par Janus Djadja, rédaction Mode Vintage. Il écrit les guides de style et de mode rétro du site.

    La silhouette en S, en une phrase

    La mode de 1900 se résume à une ligne que les historiens appellent la silhouette en S. De profil, la femme dessine la lettre S : la poitrine part en avant, les reins se creusent, les hanches et les fesses basculent en arrière, et la jupe retombe en s'évasant jusqu'au sol. Cette courbe vient d'un corset nouveau, dit « droit devant », mis au point à la fin des années 1890 par la corsetière Inès Gaches-Sarraute : il comprime le ventre, cambre le dos et projette le buste, là où le corset du siècle précédent serrait simplement la taille en sablier.

    Ce qui compte pour retenir la tenue, c'est que tout part de cette ligne. On ne comprend pas la robe de 1900 sans le corset qui la porte, et on ne comprend pas le corset sans la jupe longue qui l'équilibre. Les deux travaillent ensemble : la taille marquée, le buste en avant, la jupe qui élargit le bas. C'est la base, et les autres pièces viennent s'y poser.

    La silhouette de 1900 en trois pièces : chemisier à col de dentelle, jupe longue bordeaux et jupe plissée à fleurs
    Le col de dentelle, la jupe longue et la jupe plissée : les trois pièces qui dessinent la silhouette de 1900.

    Pour situer l'époque d'un mot : nous sommes à la Belle Époque, entre la fin du XIXe siècle et 1914. La mode oscille entre le goût du luxe et une envie de légèreté, et l'Art nouveau, avec ses lignes courbes et ses motifs végétaux, souffle sur les formes comme sur les étoffes. Si vous voulez approfondir le contexte, notre article sur la mode féminine à la Belle Époque reprend la période dans son ensemble.

    Les matières et les couleurs de 1900

    La tenue de 1900 est avant tout une affaire de matières. Trois étoffes donnent le ton : la dentelle, le velours et le satin. La dentelle habille les cols, les poignets et les devantures de blouse ; le velours couvre les robes de soirée et les capes ; le satin, brillant et souple, sert les tenues de cérémonie et la doublure des jupes. À ces trois-là s'ajoutent la batiste et le coton pour les dessous, plus légers et lavables.

    Les couleurs vont dans deux directions opposées. Le jour, les teintes sont pâles : ivoire, crème, blanc cassé, rose poudré, bleu ciel. Le soir, elles passent au noir, au bordeaux, au vert profond. Entre les deux, les motifs floraux inspirés de l'Art nouveau reviennent partout, brodés sur les corsages ou imprimés sur les jupes. Une robe de 1900 se reconnaît souvent à ce mélange : une base claire et des fleurs dessinées dessus.

    Les broderies et les rubans font le reste. Le corsage se couvre de motifs brodés au point de tige, les jupons s'ourlent de dentelle, et les rubans se nouent au col comme à la taille. C'est l'époque du frou-frou : plusieurs épaisseurs de tissu qui bruissent au moindre pas, et qui donnent à la démarche cette allure que les photographies en noir et blanc ne rendent qu'à moitié.

    Une précision honnête avant d'aller plus loin. Notre catalogue ne vend pas de pièces anciennes : les vêtements que nous présentons sont neufs, d'inspiration rétro, avec les formes et les matières de l'époque mais une fabrication actuelle. Quand nous parlons de dentelle, de col montant ou de jupe longue, nous parlons de cette inspiration, pas d'une provenance d'époque.

    Le haut : col montant et dentelle

    Le haut de la tenue se joue autour d'une seule pièce : la blouse. Celle que l'histoire retient s'appelle la blouse Gibson, du nom de l'illustrateur américain Charles Dana Gibson, qui a fixé dans les années 1900 l'image de la femme idéale de son temps : un col montant, une dentelle fine, des manches bouffantes et un buste mis en valeur. Cette blouse devient le vêtement de jour par excellence, porté avec la jupe longue.

    Les traits à retenir pour composer le haut sont simples. Le col monte jusqu'au cou et se termine par de la dentelle ou un ruché. Les manches sont amples, parfois bouffantes à l'épaule et resserrées au poignet. Le devant est travaillé : plis, boutons, dentelle incrustée. C'est un haut ajusté, pas un t-shirt lâche, et c'est lui qui donne à la silhouette sa tenue.

    La manche a d'ailleurs évolué dans la décennie : la manche gigot, très gonflée à l'épaule, culmine vers 1895 avant de s'assagir, et celle de 1900 revient plus ajustée, resserrée au poignet, pour laisser toute la place au col et au buste. Retenez surtout l'idée d'un haut structuré, dont le col et la dentelle portent toute l'attention.

    Dans notre rayon, le chemisier blanc à col de dentelle reprend exactement ces codes : un col Claudine bordé de dentelle, des plis sur le devant et des poignets ajustés. C'est la pièce qui pose la silhouette, avant même la jupe.

    La jupe longue et la taille marquée

    La jupe de 1900 est longue, et c'est elle qui finit la silhouette en S. Elle part d'une taille haute et marquée, s'évase sur les hanches, puis retombe en cloche jusqu'à la cheville ou au sol. Les plus habillées traînent une petite traîne, même en journée. Au fil de la décennie, la jupe perd un peu d'ampleur, mais elle ne remonte jamais au-dessus de la cheville avant les années 1910.

    La taille compte autant que la longueur. Elle est haute, resserrée par le corset ou la ceinture, et c'est elle qui crée le contraste entre le buste et l'ampleur du bas. Les formes varient du fourreau à la corolle, mais toutes suivent la même règle : la taille haute et la longueur qui descend au moins jusqu'à la cheville, c'est elle qui donne à la démarche son balancement. Pour retrouver cette ligne aujourd'hui, une jupe taille haute suffit : elle marque la taille sans corset, et la longueur fait le reste. Le rayon complet est dans nos jupes vintage.

    Le haut et la jupe de la silhouette

    Un chemisier à col de dentelle et une jupe longue taille haute : la base de la tenue 1900, en neuf.

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    Les accessoires qui finissent le look

    La tenue de 1900 ne s'arrête pas à la robe : ce sont les accessoires qui la datent. Trois détails suffisent à faire basculer un look du côté de la Belle Époque, et ils sont plus faciles à adopter que la robe entière.

    La broche d'abord. Elle se porte sur le revers, au col ou sur la blouse, et la mode de 1900 en fait un bijou à part entière, souvent en métal patiné avec des pierres serties. Le collier de perles ensuite, porté court sur un col montant ou en sautoir. Les boucles d'oreilles enfin, pendantes, à perles ou à cabochons. Ces trois bijoux se retrouvent sur presque tous les portraits de l'époque, et ils ont l'avantage de se porter aussi avec une tenue d'aujourd'hui.

    Les bijoux de la tenue 1900 : broche ancienne en métal patiné, collier de perles dorées et boucles d'oreilles en perles
    La broche, le rang de perles et les boucles : trois détails qui datent une tenue.

    Le gant et le chapeau complètent l'ensemble, mais ils demandent un peu plus d'audace. Le gant montant, boutonné au poignet, se portait avec la tenue de visite ; le grand chapeau, chargé de plumes, de fleurs et de fruits en tissu, couronnait la silhouette. L'éventail et l'ombrelle appartiennent à la tenue de sortie : l'éventail se manie dans les salons, l'ombrelle protège en promenade. Pour un look chic à porter ce soir, on garde la broche et les perles, et on laisse le chapeau à plumes aux reconstitutions.

    La broche et les perles

    Les trois bijoux qui datent une tenue : la broche ancienne, le collier de perles et les boucles assorties.

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    Les chaussures et la coiffure

    En bas de la tenue, la chaussure de 1900 est fine et montante : la bottine à boutons, lacée ou boutonnée sur le côté, cache la cheville et allonge la jambe. Le talon est petit et légèrement incurvé, bien loin des talons hauts d'aujourd'hui. La bottine se ferme d'une rangée de petits boutons qui monte du talon à la cheville, et qui se boutonne au crochet. Pour la soirée, on passe à l'escarpin de satin ou de cuir, plus décolleté mais toujours sobre.

    La coiffure suit la même logique que la silhouette : un volume au-dessus, un chignon bas. Les cheveux sont relevés, souvent ondulés sur le front, et rassemblés en chignon au niveau de la nuque, parfois retenus par un peigne ou une broche. C'est une coiffure qui dégage le cou, ce qui met justement en valeur le col montant de la blouse. Pour composer cette coiffure avec une robe longue, notre guide comment se coiffer avec une robe longue détaille les attaches et les gestes.

    Côté chaussures, le rayon est large : les chaussures vintage et les escarpins vintage reprennent les lignes fines et les talons mesurés de l'époque, dans des pointures et des matières actuelles.

    Les erreurs qui donnent un air de costume

    Trois erreurs font basculer une tenue inspirée des années 1900 du côté du costume de location. Elles se corrigent toutes en une passe, et c'est souvent là que se joue la différence entre un look chic et un costume.

    En faire trop. Le corset, la jupe à traîne, le chapeau à plumes, les gants et l'ombrelle, le tout le même soir, donnent un résultat qui ne ressemble plus à une tenue mais à une panoplie. La règle simple : une ou deux pièces fortes, et le reste reste moderne. Une jupe longue avec une blouse à col suffisent, la broche vient finir.

    Confondre inspiration et reconstitution. La silhouette en S se porte corsetée, cambrée, avec des dessous que personne ne voit. Pour une tenue à porter aujourd'hui, on garde la ligne et les matières, pas la contrainte : une taille haute et une jupe évasée donnent la silhouette sans le corset, et on évite de serrer ce qui n'a pas à l'être.

    Oublier la couleur. La mode de 1900 aime les teintes pâles le jour et les couleurs profondes le soir, mais elle n'a jamais rien de criard. Un rouge vif ou un motif trop chargé sortent du registre. On reste sur l'ivoire, le crème, le bordeaux, le noir, ou un motif floral doux, et le look tient.

    Questions fréquentes

    Les questions qui reviennent le plus souvent sur la mode de 1900, avec les réponses courtes. Si la vôtre n'y figure pas, le corps de l'article y répond sans doute déjà.

    Que portaient les femmes sous leur robe en 1900 ?

    Une chemise en coton ou en batiste d'abord, portée à même la peau, puis le corset lacé par-dessus, jamais directement sur la peau. Venaient ensuite un ou plusieurs jupons qui donnaient à la jupe son ampleur, et parfois un cache-corset brodé. Le tout tenait la silhouette avant même que la robe ne la recouvre.

    Comment composer une tenue inspirée des années 1900 aujourd'hui ?

    On garde une ou deux pièces fortes et on laisse le reste moderne. Le plus simple : une jupe longue taille haute avec un chemisier blanc à col de dentelle, et une broche pour finir. La silhouette se lit au premier regard, sans corset ni reconstitution, et la tenue reste portable au quotidien.

    Les vêtements Mode Vintage sont-ils des pièces anciennes ?

    Non, aucun. Tout notre catalogue est neuf, d'inspiration rétro : les formes, les cols et les matières reprennent ceux des décennies passées, la fabrication est actuelle. Les vêtements s'achètent donc neufs, à votre taille et aux standards d'aujourd'hui, sans la fragilité de l'occasion.

    Quand la silhouette en S a-t-elle disparu ?

    À la fin de la décennie 1900, autour de 1908 à 1910. Les couturiers parisiens, Paul Poiret en tête, ont imposé une silhouette droite, taille haute et jupe plus étroite, qui a peu à peu remplacé la courbe en S jusqu'à la Première Guerre mondiale.

    À lire ensuite

    Sources

    • La silhouette en S et le corset « droit devant » d'Inès Gaches-Sarraute : Mode en 1900, Wikipédia.
    • Le corset de la Belle Époque et son évolution : Corset, Wikipédia.
    • La blouse Gibson et l'illustrateur Charles Dana Gibson : évoqués dans l'article Mode en 1900 cité ci-dessus.
    • Les liens vers nos rayons et nos autres articles sont des renvois de lecture, pas des références indépendantes.
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